07/12/2020

In Memoriam › GEORGES HERVIEUX : UNE VIE DE « BONS & LOYAUX SERVICES »

Au monument de Saint-Vivien, Jean Hervieux aux côtés de Roger Grison.|Archive © jean-Paul Epinette


Serviteur de la Nation.

S'il fallait résumer la vie de cet habitant de Saint-Eutrope, on le ferait ainsi, à la vue de ses états de service, couronnés par une Croix de la Légion d'Honneur.

Georges Hervieux aurait eu 95 ans le 16 décembre. Fils de Jean-Jacques, minotier, et de Marie Roussarie, il était né à Périgueux. Mais c'est sur les bancs de l'école communale de Varetz, en Corrèze, qu'il décrocha son Certificat d'études.

Nous étions le 12 juin 1939...



Le jeune garçon eut à peine le temps de profiter de l'été. Le 3 septembre suivant, après l'invasion de la Pologne, la Grande-Bretagne puis la France déclaraient la guerre à l'Allemagne nazie.

Sur ces entrefaits, toute la famille déménage au Bugue, où Jean-Jacques, le père, vient d'être nommé chef meunier. Georges continuera donc sa scolarité au Cours complémentaire du Bugue. Il y décroche sont Brevet de capacité pour l'Enseignement primaire le... 6 juin 1944.

Le débarquement des Alliés en Normandie sera le signal de la mobilisation des forces de résistance dans tout le pays et particulièrement dans nos campagnes.

Georges veut s'engager. Au Bugue, le directeur du collège, M. Darnige, est aussi le chef du secteur des Résistants de l'A.S., l'Armée Secrète. Pendant les mois qui vont suivre, il apprendra le maniement des armes, le sabotage ou l’art de se mettre à l’abri lors d’une embuscade.

Il effectuera deux missions extérieures de nuit avec un groupe armé. Sans arme et avec une fausse carte d’identité, il agira aussi comme agent de liaison. C'est lors d'une tournée à vélo qu'il sera témoin, au détour d'un virage, de l'arrestation par la Milice de son chef et de plusieurs Résistants.

Il réussira à s'enfuir, trouvant refuge au moulin paternel où il se cachera parmi les sacs de son.

Jean Hervieux décoré de la médaille du Souvenir Français. - Archive © jean-Paul Epinette

Suivant le recul de l'armée allemande, Georges Hervieux sera versé dans les effectifs du 26e Régiment d'infanterie en cours de reconstitution à Périgueux, à la caserne Bugeaud.

« Enfin, j'étais maintenant militaire en compagnie d’autres militaires, j'étais comblé ! » témoignera plus tard le jeune résistant.

Hélas pour lui, il n'avait que 18 ans – la majorité était alors à 21. Le paternel refusa l'autorisation d'engagement de Georges. À la veille de Noël 1944, dut rentrer à la maison.

« J'étais comblé ! »

S'il avait rêvé faire carrière au tableau noir, en maître d'école, ou même dans les postes Georges voulait désormais vivre dans l'action. Ce sera donc la police. En Afrique du nord où il se trouve alors. Il passe les concours : inspecteur de la Sureté urbaine (1953) à Constantine, officier de Police Judiciaire (1955).

Ce sont les années de lutte contre les FLN. Il intègre une brigade mobile, puis un centre de recherche et d'action, avant d'^tre nommé au SRPJ.

En 1962, à la suite des accords d'Evian, il rentre en métropole, affecté aux SRPJ de Limoges, puis Toulouse et enfin Agen (1972) où il obtiendra le grade de commandant de police.

Il sera commissaire-enquêteur, jusqu'à sa retraite en 2009 qu'il passera au Moulin de Barbas, à Saint-Eutrope de Born.


Les obsèques de Georges Hervieux ont été célébrées le mercredi 2 décembre 2020 au Funérarium du Temple-sur-Lot. Son inhumation à eu lieu au cimetière de Saint-Vincent-sur-Isle (Dordogne).

 

 

 

07/12/2020